
Le pavé mosaïque alterne carrés blancs et noirs : c’est l’image de la dualité du monde .

Conférence du 25 octobre au Grand Orient de France dans le cadre des chantiers de la République, qui nous éclaire sur les enjeux des réseaux sociaux, leur progression, leurs dangers et les combats et réflexions à mener dès aujourd’hui.



Se souvenir du 13 novembre, la liberté, la culture et la joie
Paris, le 12 novembre 2025
Dix ans déjà.
Le 13 novembre 2015, notre pays fut frappé par l’une des plus sombres manifestations du fanatisme islamiste. Un obscurantisme meurtrier s’opposant à la culture, à la joie, à la dignité humaine fit irruption au coeur de nos villes.
La France entière demeurait pétrifiée face à l’indicible.
Des abords du Stade de France, aux terrasses des cafés et des restaurants, jusqu’à la salle de spectacle du Bataclan, les mêmes cibles étaient visées : la jeunesse, la culture, les lieux du partage, de la rencontre, de la fête. Ce ne furent pas seulement des vies qui furent fauchées ; ce fut un acte visant une civilisation tout entière, celle qui affirme que l’on peut vivre librement, penser librement, aimer librement.
Mais la France n’a pas cédé.
Dans l’épreuve partagée, nos liens fraternels se sont renforcés. Dans nos coeurs demeurent les visages des victimes, les voix de celles et ceux qui ont survécu, le courage des forces de l’ordre. Nos pensées vont, aujourd’hui comme toujours, à nos disparus.
Le Grand Orient de France, fidèle à son histoire et à sa vocation, demeure un défenseur inlassable de la liberté, de la culture, de la création, en France comme partout dans le monde.
Cet anniversaire triste et tragique nous rappelle avec force combien cette liberté n’est pas acquise ; combien elle est le fruit des luttes séculaires pour la liberté absolue de conscience, sans laquelle il n’est ni émancipation, ni humanité, ni République.
Nous ne renoncerons jamais à défendre ces principes.
Le Grand Orient de France se souvient. Le Grand Orient de France réaffirme la lumière de la fraternité, afin que jamais de telles nuits ne s’abattent de nouveau sur notre pays.
Pierre BERTINOTTI
Grand Maître du Grand Orient de France
Les Francs-maçons ont marqué l’histoire du modèle républicain, revendiquant des valeurs et des principes universels et émancipateurs : liberté, égalité, fraternité, solidarité, laïcité.
Mais aujourd’hui, ce modèle est agressé et contesté : augmentation des tensions sociales, violences de rue, montée de l’islamisme radical, menaces bellicistes des puissances étrangères, propagande, séparatisme et « fake news » via les réseaux sociaux qui entrainent la montée des extrêmes.
La République ne tient pas ses promesses : l’école ne joue plus son rôle d’ascenseur social ; les déserts médicaux s’étendent limitant parfois l’accès aux soins ; la sécurité n’est plus assurée dans certains quartiers et des infrastructure publiques se dégradent inexorablement.
Vigilance et alerte s’imposent : non seulement le danger est là, clairement visible, mais il progresse et s’enkyste. Les mouvements populistes ont pris le pouvoir dans plusieurs pays dans le monde et en Europe. Ils sont ouvertement soutenus par les USA et la Russie. Ils sont à la porte du pouvoir chez nous !
Alors parlons-en ensemble, débattons pour identifier et mieux comprendre les causes de l’effritement républicain afin d’éloigner durablement les ennemis de la démocratie libérale.
Il n’est plus temps de douter, de tergiverser, de minorer ; il est urgent de se réveiller et d’agir pour Réparer la République.

Le projet d’une Académie Saint-Louis en Sologne, un internat catholique non-mixte, soutenu par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin, a été autorisé par les autorités, a annoncé le rectorat d’Orléans vendredi 18 juillet 2025. Et ce, malgré les alertes et mises en garde exprimées dans une lettre aux autorités le 8 juillet par des organisations et personnalités politiques, syndicales et universitaires qui demandaient aux autorités de s’opposer à ce projet « au nom de la protection de la jeunesse et du caractère non-scolaire de cet établissement, au nom du respect des principes fondamentaux de notre république, au nom des intérêts fondamentaux de la nation ». Ils ajoutaient que « fondée sur les valeurs traditionalistes de la religion catholique », la charte de l’éducation adoptée par l’Académie « fait mine de s’intégrer dans les principes républicains » et que le terme « “laïcité” n’apparaît à aucun moment ».
Cet établissement privé n’est que le premier établissement d’un projet d’internats catholiques privés non-mixtes soutenus par le milliardaire.
Cette non-mixité de genre, après des décennies de consensus républicain autour de la question de l’égalité filles-garçons à l’école, loin d’être anodine, révèle des considérations rétrogrades pour l’école et la société.
Cette non-mixité sociale trahit le caractère élitiste et séparatiste du projet, alors que le projet républicain considère l’école comme le lieu où tous les enfants, quelles que soient leurs origines, se retrouvent dans un espace commun et sanctuarisé, loin des querelles des hommes.
Ce projet religieux, s’appuyant sur « l’ “éducation intégrale”, telle que définie par l’Église catholique », révèle le caractère séparatiste de la démarche dont on sait pertinemment qu’elle sert le projet politique de M. Stérin, celui de porter au pouvoir des forces antirépublicaines ennemies de la laïcité. Les cléricaux le savent depuis longtemps : tout endoctrinement commence par les familles et par l’École.
De cela, l’École républicaine s’est avisée en rendant la scolarité de tous les futurs citoyens, obligatoire, gratuite, laïque, mixte.
Pour nous, l’École républicaine doit instruire, éduquer et protéger les élèves et non les endoctriner.
Pour nous, l’école ne saurait être l’apanage d’une communauté, d’un projet politique partisan ou d’une entreprise.
Pour nous, l’école est un bien public, un bien commun, vecteur de promotion et de justice sociales et lieu de transmission des principes de la République.
L’éducation par l’École publique laïque a été bâtie en vue d’instituer un projet national : celui du lien social construit dans le quotidien d’un vivre et faire ensemble, celui de citoyens en devenir appelés à accéder à l’autonomie, à l’esprit critique, dans le respect de l’égale liberté de conscience.
On n’enseigne pas la liberté, et en premier lieu la liberté de conscience, quand l’enseignement repose sur un dogme prétendant détenir à lui seul la vérité absolue. Et on n’enseigne pas l’égalité quand c’est l’argent qui fait la différence de l’accueil au service d’une élite.
Pour les signataires, l’École, là où se forge l’avenir de la Nation, doit s’appuyer sur une conception du citoyen et de la République qui contribue à l’intégration et à l’émancipation de tous les enfants.
L’École publique, laïque, gratuite est notre bien commun. Les signataires, attachés au principe de laïcité notamment de l’École de la République, appellent tous les républicains à la plus grande vigilance et à la mobilisation.
Paris le 25 juillet 2025
Signataires :
Association Européenne de la Pensée Libre
Agir pour la laïcité et les valeurs républicaines
Association Laïcité-Liberté
Comité 2905 Auvergne Rhône Alpes
Comité Laïcité République
EGALE
Fédération Française du Droit Humain
Fédération nationale des DDEN
Femmes Contre les Intégrismes
Grande Loge Féminine de France
Grande Loge Mixte de France
Grande Loge Mixte Universelle
Grand Orient de France
Grand Orient Latino Américain
Laïcité40
Le Chevalier de la Barre
Libres MarianneS
Ligue du Droit International des Femmes
Lumières laïques- Cercle Maurice Allard
Observatoire de la Laïcité de Saint-Denis
Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain
Union des Familles Laïques – UFAL
Unité laïque
Vigilance Collèges-Lycées