Les Francs-maçons ont marqué l’histoire du modèle républicain, revendiquant des valeurs et des principes universels et émancipateurs : liberté, égalité, fraternité, solidarité, laïcité.
Mais aujourd’hui, ce modèle est agressé et contesté : augmentation des tensions sociales, violences de rue, montée de l’islamisme radical, menaces bellicistes des puissances étrangères, propagande, séparatisme et « fake news » via les réseaux sociaux qui entrainent la montée des extrêmes.
La République ne tient pas ses promesses : l’école ne joue plus son rôle d’ascenseur social ; les déserts médicaux s’étendent limitant parfois l’accès aux soins ; la sécurité n’est plus assurée dans certains quartiers et des infrastructure publiques se dégradent inexorablement.
Vigilance et alerte s’imposent : non seulement le danger est là, clairement visible, mais il progresse et s’enkyste. Les mouvements populistes ont pris le pouvoir dans plusieurs pays dans le monde et en Europe. Ils sont ouvertement soutenus par les USA et la Russie. Ils sont à la porte du pouvoir chez nous !
Alors parlons-en ensemble, débattons pour identifier et mieux comprendre les causes de l’effritement républicain afin d’éloigner durablement les ennemis de la démocratie libérale.
Il n’est plus temps de douter, de tergiverser, de minorer ; il est urgent de se réveiller et d’agir pour Réparer la République.
Discours à ABBEVILLE
Oui à l’intégration et à l’émancipation de tous les enfants par l’école publique, non à tout projet scolaire partisan

Le projet d’une Académie Saint-Louis en Sologne, un internat catholique non-mixte, soutenu par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin, a été autorisé par les autorités, a annoncé le rectorat d’Orléans vendredi 18 juillet 2025. Et ce, malgré les alertes et mises en garde exprimées dans une lettre aux autorités le 8 juillet par des organisations et personnalités politiques, syndicales et universitaires qui demandaient aux autorités de s’opposer à ce projet « au nom de la protection de la jeunesse et du caractère non-scolaire de cet établissement, au nom du respect des principes fondamentaux de notre république, au nom des intérêts fondamentaux de la nation ». Ils ajoutaient que « fondée sur les valeurs traditionalistes de la religion catholique », la charte de l’éducation adoptée par l’Académie « fait mine de s’intégrer dans les principes républicains » et que le terme « “laïcité” n’apparaît à aucun moment ».
Cet établissement privé n’est que le premier établissement d’un projet d’internats catholiques privés non-mixtes soutenus par le milliardaire.
Cette non-mixité de genre, après des décennies de consensus républicain autour de la question de l’égalité filles-garçons à l’école, loin d’être anodine, révèle des considérations rétrogrades pour l’école et la société.
Cette non-mixité sociale trahit le caractère élitiste et séparatiste du projet, alors que le projet républicain considère l’école comme le lieu où tous les enfants, quelles que soient leurs origines, se retrouvent dans un espace commun et sanctuarisé, loin des querelles des hommes.
Ce projet religieux, s’appuyant sur « l’ “éducation intégrale”, telle que définie par l’Église catholique », révèle le caractère séparatiste de la démarche dont on sait pertinemment qu’elle sert le projet politique de M. Stérin, celui de porter au pouvoir des forces antirépublicaines ennemies de la laïcité. Les cléricaux le savent depuis longtemps : tout endoctrinement commence par les familles et par l’École.
De cela, l’École républicaine s’est avisée en rendant la scolarité de tous les futurs citoyens, obligatoire, gratuite, laïque, mixte.
Pour nous, l’École républicaine doit instruire, éduquer et protéger les élèves et non les endoctriner.
Pour nous, l’école ne saurait être l’apanage d’une communauté, d’un projet politique partisan ou d’une entreprise.
Pour nous, l’école est un bien public, un bien commun, vecteur de promotion et de justice sociales et lieu de transmission des principes de la République.
L’éducation par l’École publique laïque a été bâtie en vue d’instituer un projet national : celui du lien social construit dans le quotidien d’un vivre et faire ensemble, celui de citoyens en devenir appelés à accéder à l’autonomie, à l’esprit critique, dans le respect de l’égale liberté de conscience.
On n’enseigne pas la liberté, et en premier lieu la liberté de conscience, quand l’enseignement repose sur un dogme prétendant détenir à lui seul la vérité absolue. Et on n’enseigne pas l’égalité quand c’est l’argent qui fait la différence de l’accueil au service d’une élite.
Pour les signataires, l’École, là où se forge l’avenir de la Nation, doit s’appuyer sur une conception du citoyen et de la République qui contribue à l’intégration et à l’émancipation de tous les enfants.
L’École publique, laïque, gratuite est notre bien commun. Les signataires, attachés au principe de laïcité notamment de l’École de la République, appellent tous les républicains à la plus grande vigilance et à la mobilisation.
Paris le 25 juillet 2025
Signataires :
Association Européenne de la Pensée Libre
Agir pour la laïcité et les valeurs républicaines
Association Laïcité-Liberté
Comité 2905 Auvergne Rhône Alpes
Comité Laïcité République
EGALE
Fédération Française du Droit Humain
Fédération nationale des DDEN
Femmes Contre les Intégrismes
Grande Loge Féminine de France
Grande Loge Mixte de France
Grande Loge Mixte Universelle
Grand Orient de France
Grand Orient Latino Américain
Laïcité40
Le Chevalier de la Barre
Libres MarianneS
Ligue du Droit International des Femmes
Lumières laïques- Cercle Maurice Allard
Observatoire de la Laïcité de Saint-Denis
Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain
Union des Familles Laïques – UFAL
Unité laïque
Vigilance Collèges-Lycées
Histoire de la Franc-Maçonnerie

Communiqué du Collectif Laïque NationalLa laïcité protège aussi les croyants !

L’assassinat d’un jeune malien, Aboubakar Cissé, dans une mosquée de La Grand-Combe (Gard) par un autre jeune qui l’a filmé agonisant est un drame absolu. La barbarie de cet acte, quelles qu’en soient les diverses motivations, ne peut qu’accabler les consciences humaines. Le Collectif laïque national exprime tout son soutien à la famille et aux proches d’Aboubakar.
Que ces faits aient été commis dans un lieu de culte, à l’encontre d’une personne en prière, et assortis de commentaires haineux invoquant précisément sa religion, constitue de surcroît une atteinte grave aux principes de la République.
Le Collectif laïque national tient à rappeler que la liberté de religion est une liberté fondamentale, découlant de la liberté de conscience. La loi du 9 décembre 1905, dont nous fêtons les 120 ans cette année, garantit le libre exercice des cultes. Assassiner une personne parce qu’elle exerce ses droits fondamentaux dans le cadre de la loi est un attentat contre la République.
Enfin, le fait d’accompagner un crime de propos visant la victime à raison, notamment, « de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée » constitue pour le code pénal une circonstance aggravante. La haine raciste ou antireligieuse n’a pas sa place dans la République et doit être fermement combattue.
Le Collectif laïque national, parce qu’il tient par ailleurs à protéger la liberté de critiquer toute religion, n’en dénonce qu’avec plus de vigueur le crime odieux de la Grand-Combe, et l’atmosphère de haine entretenue aujourd’hui autour de « l’appartenance, vraie ou supposée » à une « religion déterminée » -quelle qu’elle soit.
Paris, le 30 avril 2025
SIGNATAIRESASSOCIATION DES LIBRES PENSEURS DE FRANCE (ADLPF)
AEPL – ASSOCIATION EUROPEENNE DE LA PENSEE LIBRE
AGIR POUR LA LAÏCITE ET LES VALEURS REPUBLICAINES
CERCLE FERDINAND BUISSON
COMITE LAÏCITE REPUBLIQUE (CLR)
FEDERATION NATIONALE DES DELEGUES DEPARTEMENTAUX DE L’EDUCATION NATIONALE
FEDERATION FRANÇAISE DE L’ORDRE MIXTE DU DROIT HUMAIN
EGALE (EGALITE, LAÏCITE, EUROPE)
FCI – FEMMES CONTRE LES INTEGRISMES
GRANDE LOGE FEMININE DE FRANCE
GRANDE LOGE MIXTE DE FRANCE
GRANDE LOGE MIXTE UNIVERSELLE
GRAND ORIENT DE FRANCE
GRAND ORIENT LATINO-AMERICAIN
LAÏCITE-LIBERTE
LIBRES MARIANNES
OBSERVATOIRE DE LA LAÏCITE DE PROVENCE (OLPA)
UNION DES FAMILLES LAÏQUES (UFAL)
UNITE LAÏQUE
Petite mise au point
HOMMAGE
Indépendance de la justice : un pilier de la République et de l’Etat de droit.

Depuis quelques semaines, nombre de nos concitoyennes et de nos concitoyens ressentent inquiétude et indignation. Des propos de responsables politiques tendent à remettre en cause l’institution judiciaire. Ces attaques plus ou moins frontales semblent gagner en intensité, relayées par des réseaux médiatiques mal intentionnés, porteurs de divisions et de troubles. Une brèche s’ouvre dans notre pacte républicain.
En remettant en cause son bienfondé, un certain nombre de dirigeants politiques s’est désolidarisé d’une décision de Justice rendue le lundi 31 mars à l’encontre de cadres d’un parti politique, le Rassemblement National.
En cela, ils ont commis davantage qu’une entrave à la bonne marche de l’institution judiciaire : ils commettent une faute.
La loi Sapin II sur laquelle prend appui cette décision de Justice a été votée en 2016. Elle s’applique donc et doit s’appliquer à l’ensemble des concitoyens. Remettre en cause son application à tous les justiciables va à l’encontre de la décision des représentants du peuple. Et porte atteinte au principe cardinal d’égalité devant la loi garanti dans un État de droit. Ce faisant, ils fragilisent la République à un moment où il nous faut la défendre.
L’histoire nous enseigne que toute atteinte à l’indépendance des magistrats et à la légitimité de leurs décisions signe un recul de la République, qui au contraire, pour demeurer fidèle à ses idéaux, doit garantir aux citoyens et citoyennes une justice indépendante, sans interférences, au-delà des intérêts particuliers.
Dans ce contexte, le Grand Orient de France et la Grande Loge Mixte de France rappellent que la séparation des pouvoirs constitue un socle intangible de notre démocratie républicaine. La justice ne doit être ni affaiblie par des attaques, ni instrumentalisée à des fins partisanes remettant en cause son impartialité.
Le Grand Orient de France et la Grande Loge Mixte de France, fidèles à leurs principes issus de la philosophie des Lumières, par leur histoire inséparable de notre République, indivisible, laïque, démocratique et sociale, réaffirment avec force leur attachement indéfectible à l’indépendance de la Justice. C’est une condition essentielle au bon fonctionnement de l’État de droit et à la garantie des libertés fondamentales.
Le Grand Orient de France et la Grande Loge Mixte de France appellent l’ensemble des responsables politiques à préserver l’intégrité de notre État de droit et à renforcer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire en respectant les principes de transparence, d’équité et d’impartialité de celle-ci.
Le Grand Orient de France et la Grande Loge Mixte de France seront toujours les défenseurs de notre République et de ses institutions démocratiques. L’attachement de leurs membres à la préservation de ses fondements est indéfectible.
Paris, le 22 avril 2025

