
Il y a un an, le 16 septembre 2022, Mahsa AMINI, 22 ans, était arrêtée par la « police des mœurs » du pouvoir iranien pour un voile « mal porté » et battue à mort.
Une photo de cette jeune femme orne la façade de l’Hôtel de la rue Cadet et le 5 octobre 2022, le Grand Orient de France s’associait dans un communiqué à l’aspiration démocratique du peuple iranien.
Aujourd’hui encore la dictature des mollahs emprisonne et condamne à mort des hommes et des femmes en raison de leurs choix spirituels, philosophiques ou politiques, de leurs orientations sexuelles, de leur mode de vie, quand ils ne sont pas conformes aux normes dogmatiques d’un intégrisme islamique totalitaire.
Symboliquement pour illustrer l’exigence des Francs-maçons d’être aux côtés de tous les peuples opprimés, j’ai souhaité que soit diffusé lors du Convent de Lille la chanson écrite et composée par Shervin Hajipour « Barayé », chanson devenue hymne à la liberté de tous les iraniens et toutes les iraniennes qui se battent courageusement pour leurs libertés. Vous trouverez, ci-joint, les paroles de cette chanson.
Le Grand Orient de France rendra le 16 septembre 2023 hommage à Mahsa Amini et à tous les iraniens, hommes et femmes, qui manifestent pour la liberté, au péril de leur vie. Accompagné d’une délégation du Conseil de l’Ordre, j’accueillerai samedi matin des représentants d’associations iraniennes ainsi que l’écrivaine iranienne Fahimeh Robiolle, auteur de l’ouvrage « Femme, vie, liberté. Parlons-en ».
J’invite également tous les Frères et toutes les Sœurs de l’Obédience à se mobiliser, à accompagner ou à initier toutes les manifestations de solidarité qui auront lieu dans les orients. Car l‘engagement du Grand Orient de France aux côtés du peuple iranien doit être fort et audible pour nos interlocuteurs et nos contemporains.
Attachés à la liberté de conscience émancipatrice et à l’universalisme, nous n’oublierons jamais Mahsa, nous n’abandonnerons pas le peuple iranien, et tous les peuples qui aspirent à vivre en liberté.
Guillaume Trichard
Grand Maître
Président du Conseil de l’Ordre
« Barayé » (« Pour »)
De Shervin Hajipour
Pour danser dans les rues
Pour avoir peur de s’embrasser
Pour ma sœur, ta sœur, nos sœurs
Pour changer les esprits rouillés
Pour la honte de la pauvreté
Pour le regret de vivre une vie ordinaire
Pour les enfants de la benne à ordures et leurs rêves
Pour cette économie dictatoriale
Pour cet air pollué
Pour Valiasr et ses arbres pâles
Pour Pirooz (guépard persan) et sa possible extinction
Pour les chiens innocents interdits
Pour les sanglots sans répit
Pour l’image répétée de ce moment
Pour les visages souriants
Pour les élèves et leur avenir
Pour ce « paradis » imposé
Pour les étudiants emprisonnés
Pour les enfants afghans
Pour tous ces «pour» qui dépassent la répétition
Pour tous ces slogans dénués de sens
Pour l’effondrement des faux bâtiments
Pour le sentiment de paix
Pour le soleil après ces longues nuits
Pour l’anxiété et les somnifères
Pour les hommes, la patrie, la prospérité
Pour la fille qui souhaitait être un garçon
Pour les femmes, la vie, la liberté
Pour la liberté…
Pour la liberté…
Pour la liberté…
